top of page

Article rédigé par :

Amèle Debey

Liberté thérapeutique menacée dans les hôpitaux vaudois?

Dernière mise à jour : 29 mars 2024

Les médecins hospitaliers sont-ils de plus en plus entravés dans leur liberté de prescrire en leur âme et conscience? La modification d’un article sur la marche à suivre de ces professionnels de santé semble aller dans ce sens, mais les interprétations divergent. Y a-t-il de quoi s’inquiéter? Explications.

Liberté thérapeutique menacée dans les hôpitaux vaudois?

© Shopify


En mars 2022, le médecin-chef de la permanence de la Providence soignait plusieurs centaines de patients atteints du Covid à l’aide de traitements qui seront interdits par la suite, parce que ne correspondant pas aux recommandations des sociétés savantes de médecine.

 
 

Aujourd’hui, la Convention collective de travail des médecins-chefs de la Fédération des hôpitaux vaudois est sur le point d’être mise à jour. L’Impertinent s’est procuré la nouvelle version, qui entrera en vigueur sous réserve d’un vote le 12 octobre prochain. L’article concernant la liberté thérapeutique des médecins a été revu pour passer de ça:


Art. 14 Liberté thérapeutique

La liberté thérapeutique est garantie, dans le respect des normes de la profession et des principes d’efficacité et d’économicité.


A ça:


Art. 15 Liberté thérapeutique

La liberté thérapeutique est garantie, dans le respect des normes de la profession et des principes d'efficience, en accord avec les directives et recommandations des sociétés médicales de référence.


«Ça veut dire la même chose, c’est juste plus précis, déclare Patricia Albisetti, secrétaire générale de la Fédération des hôpitaux vaudois. Cette clause n’a pas du tout été sujet de discussion. On a complètement remis à jour cette CCT, mais il n’y a pas eu de volonté de faire plus ou moins que ce qui était fait auparavant. Les sociétés savantes édictent régulièrement des recommandations. Le médecin garde son entière liberté thérapeutique, il doit juste être en accord avec les directives et les recommandations des sociétés médicales.»


Pourtant, cette modification interpelle Arturo Perez, le médecin chef de la permanence de Rennaz qui s’était battu pour pouvoir prescrire son traitement aux patients durant la pandémie. Selon lui et bien que l’Hôpital Riviera-Chablais soit soumis à sa propre CCT, si cet article avait eu cours en 2022, il n’aurait pas pu soigner ses patients.


«Je me demande ce qu’il reste aux médecins»

«Il n’y a plus de liberté thérapeutique, déplore-t-il. Il faut désormais se conformer à ce que disent les sociétés savantes, sans préciser lesquelles. Jusqu’à présent elles émettaient des propositions, des recommandations que nous n’étions pas tenus de suivre et tant mieux lorsque l’on connaît l’influence des lobbies».


Le médecin, désormais actif dans le privé, est inquiet de ce qu’il voit comme une dégradation de la liberté de prescrire des médecins: «La liberté thérapeutique au niveau hospitalier vaudois, avoir une opinion différente de celle des sociétés savantes, c’est fini. En France, une de ces sociétés savantes a recommandé le remdésivir en France, avec les conséquences que l’on connaît. Pendant le Covid, elles se sont plantées sur tout, lâche Arturo Perez. Quand je vois ça, je me demande ce qu’il reste aux médecins».


Du côté de la Fédération vaudoise de médecine (FMH), on ne voit pas les choses ainsi. Selon David Petermann, président du Groupement des médecins hospitaliers, cette modification offre justement plus de liberté aux médecins. Il explique: «Le but d’une CCT (et du GMH en général) est de régler les rapports entre les médecins et les institutions (hôpitaux). La précédente version mettait en avant les principes d’efficacité et d’économicité. L’idée de la révision était de protéger la liberté thérapeutique surtout face aux directions des hôpitaux, mais d’attirer l’attention sur le côté médical en faisant référence aux sociétés médicales.»


«Il faut veiller à ce que les médecins respectent les règles de l’art fixées par les sociétés médicales»

Il l’assure, cette révision n’a pas été motivée par les événements de la crise Covid, lors de laquelle Arturo Perez s’était battu contre l’interdiction de son traitement, en vain.


«Il n’y aura pas d’entrave à la liberté thérapeutique du médecin, ajoute David Petermann. Mais la liberté de l’un s’arrête où commence celle de l’autre. Cela signifie concrètement qu’il faut veiller à ce que les médecins respectent les règles de l’art fixées par les sociétés médicales».


Liberté conditionnelle?


Le prédécesseur de David Petermann tient cependant un autre discours. Le médecin retraité Philippe Saegesser, connu pour ses prises de positions contre les mesures sanitaires, estime qu’il y a bien de quoi s’inquiéter lorsque l’on analyse les conséquences d’une telle modification:


«En apparence le cadre de cette disposition semble vouloir éviter des pratiques préjudiciables. La liberté thérapeutique, telle qu’elle est décrite, est subordonnée à une conformité décidée par des instances considérées comme étant ‘de référence’. Cela peut être le pouvoir politique, la littérature scientifique, les sociétés médicales ou tout autre entité qui peuvent elles-mêmes subir des pressions pour qu’elles adoptent telles ou telles positions, explique cet ancien praticien, toujours membre de la FMH. Nous avons vu, par le passé, ce que donne une pratique cadrée par et dans un régime totalitaire. Sans aller aussi loin, il s’agit donc d’une liberté limitée, conditionnelle et surveillée contraire à l’esprit de la thérapeutique qui se veut libre, indépendante et responsable, pratiquée en 'son âme et conscience' et adaptée aux particularités de chaque patient.»

 
 

Et d'ajouter: «Ce que nous a montré cette crise sanitaire, considérée si urgente qu’elle a permis la mise sur la marché de produits pour lesquels nous n’avions pas le recul requis, c’est qu’elle n’a autorisé, en parallèle des injections à ARNm, aucune alternative même à des médicaments connus et éprouvés. Tout ce qui a débordé de la ligne officielle a été rejeté voire, dans les faits, interdit. Donner trop de poids et de pouvoir à ces instances qui, pour beaucoup d’entre elles, sont soumises à des pressions de toutes sortes est un jeu très dangereux. Empêcher d’honnêtes médecins de faire leur boulot ouvre la voie à la corruption au sens étymologique du terme, à une médecine totalement contrôlée qui ne défend pas forcément et obligatoirement les seuls intérêts de la population».

 

A lire aussi:










6 comentarios


eric.videlier
15 oct 2023

Ainsi, c'est bien dans tous les domaines sans exception que la chasse à la liberté de penser et d'agir en pleine conscience et de manière responsable est ouverte. Les chiens de la "bienpensance" et de la "vérité" fabriquée par l'oligarchie sont lâchés, et le seul mot d'ordre est de s'exécuter sans, surtout, réfléchir. Lorsque cela touche à la santé, cela ouvre à tous les dérapages que nous venons de voir avec la pandémie de Covid. Lorsque cela touche à l'information, cela donne tout autant de dérapages comme ceux qui nous sont infligés par les médias soumis à la dictature orwellienne des milliardaires qui veulent imposer leur propagande guerrière et/ou destinée à formater les esprits afin que cela ne gène pas…

Me gusta

Ah, hypocrisie quand tu nous tiens !...

Tous ces présidents de groupements hospitaliers, que sont-ils ?

Sont-ils d'abord médecins ou vendus aux laboratoires ??

Il suffit de voir les tartines qui ont été blancées depuis 2020 et les conséquences actuelles que l'on s'acharne à vouloir enterrer !!

Le pire, c'est qu'ils mettent tout en place, la preuve avec cette directive, pour nous préparer un nouvel épisode Covid 19" bis repetita" pour la fin de l'année. J'ose espérer que ça ne se passera pas comme ça et que la population ouvira ENFIN les yeux sur toutes ces machinations. N'oublions pas qu'il existe aussi d'autres médecines ayant fait leurs preuves...

Me gusta

Bonjour,


Cela devient franchement grotesque et criminel.


Les recommandations de sociétés médicales, ou de l'OMS, ou de la société suisse d'infectiologie par exemple, ou de la feue "Task Force" NE SONT PAS des textes scientifiques à proprement parler.

En effet, elles ne sont pas soumise au "peer-review", ne peuvent pas être rétractées, ni commentées ou corrigées.

Il s'agit de textes de natures normative et administrative, et absolument pas d'une base sérieuse pour les relations médecins-patients.


On nage dans la pire dérive. Les sociétés médicales, selon leurs modes de financements, sont des cibles beaucoup trop faciles pour les formes de corruptions systémiques dénoncées depuis des années par M. Gotszsche (cochrane collaboration), ou Mme Angell (NEJM), etc...


Comment ces petits génies peuvent-ils…


Me gusta

phsaegesser
phsaegesser
09 oct 2023

Lorsqu’il est nécessaire d’apporter des précisions sur ce qu´est la liberté thérapeutique vous pouvez être certain que c’est pour la limiter. La société médicale ne défend ni l’intérêt de la branche ni celui des patients. Lorsque la vérité n’est pas libre, la liberté n’est pas vraie!

Me gusta

suzette.s
08 oct 2023

Merci de relever le problème de ce nouvel article de la CCT. Le changement introduit est fondamental, car il subordonne la responsabilité du médecin pour les soins à prodiguer à chaque patient individuellement à la connaissance statistique établie par des sociétés médicales.

Me gusta
Pop Up Trigger
L'Impertinent LOGO 24.jpg

Inscrivez-vous aux alertes de publication :

Merci pour votre envoi !

Faire un don

IBAN : CH52 0900 0000 1555 3871 0

Lausanne, VD

© 2020 L'Impertinent - L'information au service du public

bottom of page