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Article rédigé par :

Amèle Debey

La variole du singe marque-t-elle le retour du pass sanitaire?

Dernière mise à jour : 27 juil. 2022

Samedi dernier, l’OMS déclarait son plus haut niveau d’alerte concernant la variole du singe, pouvait-on lire d’un bout à l’autre de la presse. Cependant, cette décision venait du directeur de l’Organisation, Tedros Adhanom Ghebreyesus, contre la majorité des votes du comité prévu à cet effet. Alors, qui a décidé quoi et quelles conséquences cela pourrait-il avoir sur un éventuel retour de mesures sanitaires? On fait le point.

© Flickr


L’Organisation mondiale de la santé a activé son niveau d’alerte maximale samedi 23 juillet, pour la septième fois de son histoire et la troisième fois en trois ans. Car, si elle n’a pratiquement pas fait de morts à l’échelle planétaire (cinq à ce jour), la variole du singe représente une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI) pour au moins un homme: Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS depuis 2017.


Lauréat d’un doctorat en philosophie, cet Ethiopien d’origine est également pourvu d’une formation scientifique en immunologie et maladies infectieuses, comme nous l’apprend son CV. Il s’est démarqué pour sa coordination, dès 2018, de la recrudescence de cas d’Ebola. En mai 2022, seul en course, il est reconduit pour un second mandat à la tête de l’OMS. Ces derniers jours, Tedros Adhanom Ghebreyesus hésitait à relever le niveau d’alerte concernant la variole du singe. Il a fini par estimer que les 16’000 cas signalés dans 75 pays et territoires dernièrement étaient une raison suffisante, en vertu du Règlement sanitaire international (RSI).


Le Comité d'urgence du (RSI) qui s’est réuni à nouveau jeudi 21 juillet n’est pas parvenu à se mettre d’accord. Neuf ont voté contre la hausse du niveau d’alerte et six ont voté pour. Dans ce genre de cas, il appartient au directeur de trancher et «le processus normal a été suivi», selon un porte-parole de l’OMS: «Étant donné que la décision de déclarer ou non une USPPI appartient toujours au Directeur général, il n'a pas supplanté le comité, explique ce dernier. Il n’est pas inhabituel que le Directeur général prenne une décision. Ce qui l’est davantage, dans ce genre de cas, c'est que le comité n'ait pas fait de recommandation au Directeur général.»


Dans un rapport du Comité d’examen sur le fonctionnement du RSI pendant la riposte au Covid, le caractère binaire rigide de la décision de déclarer une USPPI a été établi comme préoccupant. Ceci pose problème «pour faire prendre conscience, au niveau mondial, de l’importance de certains événements qui ne remplissent pas les critères d’une USPPI dans l’immédiat, mais qui nécessitent une action mondiale immédiate, notamment pour éviter qu’ils ne deviennent une USPPI», peut-on y lire. «Le Comité d’examen étudie les avantages et les inconvénients d’un niveau d’alerte intermédiaire, par exemple un "stade jaune" comme signal d’alerte initial».


Et maintenant?


Selon le Règlement sanitaire international, datant de 2005, l’urgence de santé publique de portée internationale concerne un événement grave, soudain, inhabituel ou inattendu, avec des répercussions de santé publique dépassant les frontières du pays touché et pouvant exiger une action internationale immédiate.


«Le Règlement sanitaire international vise à prévenir la propagation internationale des maladies, à s’en protéger, à la maîtriser et à y réagir par une action de santé publique proportionnée et limitée aux risques qu’elle présente pour la santé publique, en évitant de créer des entraves inutiles au trafic et au commerce internationaux», expliquaient, en 2020, deux professeurs de la Western University de Londres. La déclaration d’USPPI donne à l’OMS plus de pouvoir pour organiser une réaction internationale à une épidémie afin de prévenir ou de réduire la propagation de la maladie. Ses recommandations ne sont pas contraignantes pour les pays membres, mais on s’attend à ce qu’ils les suivent.»


Rédigé peu avant les nombreux confinements planétaires, cet article sonne – aujourd’hui encore – comme un avertissement pour certains, qui s’inquiètent d’un retour de mesures sanitaires en réaction à la déclaration d’USPPI. Et notamment du désormais célèbre sésame.


Retour du pass sanitaire?


Actuellement, le certificat n’est plus utilisé en Suisse. Il se justifie pour les voyages dans certains pays. Pourtant, chaque fois qu’une personne est vaccinée, un certificat est produit. Le système est automatique et le certificat sert de preuve de vaccination pour une personne poursuivant son schéma vaccinal dans un autre canton ou à l’étranger.


Les EMS romands ont reçu des consignes des médecins cantonaux expliquant qu’une guérison Covid n’a pas d’influence sur le schéma vaccinal exigé pour l’établissement du certificat: «Nous appliquons les recommandations les plus récentes de l’OFSP qui ciblent les personnes de plus de 80 ans, nous explique-t-on du côté du médecin cantonal neuchâtelois. L’arrivée de nouveaux variants montre une baisse de la réponse immunitaire. Cela est plus important chez les personnes âgées. Raison pour laquelle, il est recommandé de faire un rappel vaccinal déjà quatre semaines après une infection de Covid.»

Dans le canton de Vaud, on explique que «le Certificat Covid est émis dès qu’une vaccination est considérée comme complète (deux doses dans la plupart des cas, mais une infection et une dose sont également considérés en Suisse comme une vaccination complète). Sa validité ne dépend pas du nombre de doses reçues (pour autant que la vaccination soit complète), mais il a une durée de vie limitée. Un rappel peut permettre l’émission d’un nouveau certificat.»


En Valais, on précise: «Selon les recommandations en vigueur en Suisse, une guérison peut permettre de surseoir temporairement à une dose mais ne sera pas forcément reconnue comme telle à l’étranger (chaque pays édictant ses propres règles). Certains pays exigent par exemple l’administration de trois doses, indépendamment du fait que la personne ait été infectée par le Covid-19 (…) Il existe par ailleurs des certificats Covid de guérison, établis sur preuve d’un résultat PCR, qui sont valables 270 jours en Suisse (180 dans l’Union Européenne).»


Interrogé sur la question, l’OFSP explique: «Les règles de codage de l'UE exigent que seules les vaccinations effectivement réalisées soient comptabilisées dans un certificat de vaccination. C'est pourquoi les émetteurs de certificats ne comptent pas une maladie comme une vaccination. Les infections qui ont eu lieu avant la première ou la deuxième dose peuvent néanmoins être prises en compte dans le certificat en réduisant le nombre de doses nécessaires.»


Et de conclure: «En Suisse, il n'est actuellement pas prévu de réintroduire le certificat Covid. Pas plus que l'introduction d'autres certificats sanitaires.»


Du côté du bureau du médecin cantonal valaisan, on prévient tout de même que «si la hausse de cas positifs au Covid-19 venait à surcharger le système sanitaire, de potentielles mesures pourraient être remises en place en Suisse, ce qui n’est actuellement pas le cas.»

2 Comments


1111
Jul 27, 2022

La plupart de cas de varioles du singes suspectés s'avèrent être en fait des cas de Zona ou d’herpès, réactivé par l'affaiblissement immunitaire lié à la vaccination du Covid. Comment allons nous y faire face? intelligemment, bien sûr, par un vaccin!

La fin de votre article mentionnant les pratiques actuelles en EMS démontre la fracture absolue entre les décisions de santé prisent par les politiques et les cabinets conseils et la science. Ne plus considérer l’immunité naturelle est a contre-courant de toutes les études produites. Considérer les injections expérimentales encore aujourd'hui démontre un aveuglement de type religieux fanatique. 18 mois après le début des injections, nous n'avons jamais eu autant de cas. Les pays qui n'ont pas injectés n'ont aucun…

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eric.girod1303
eric.girod1303
Jul 26, 2022

Dubitando ad veritatem pervenimus. (Cicéron) En doutant, on atteint la vérité.

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